Le Sénégal et la Chine développent leurs relations bilatérales

Le Sénégal et la Chine ont récemment conclu d’importants accords bilatéraux visant à renforcer leurs liens économiques à plusieurs niveaux. Une visite officielle initiée par le président sénégalais Macky Sall qui a reçu son homologue chinois Xi Jinping.

Le président chinois reçu en grande pompe

Le Sénégal a bien saisi l’importance de tisser des relations diplomatiques, politiques et économiques de haut niveau avec la Chine, qui est sans conteste l’une des plus grandes économies mondiales actuelles dotée par ailleurs du plus fort potentiel de croissance pour les années à venir. La plupart des grandes artères de Dakar étaient floquées des couleurs des drapeaux des deux pays, signe de l’aspect des plus officiels d’une telle visite.

Le président chinois entamait au Sénégal une série de déplacements dans d’autres pays d’Afrique tels que l’Afrique du Sud et le Rwanda. Mais c’est bien au Sénégal qu’une première salve de contrats commerciaux a été conclue. Au total, plus d’une dizaine d’accords économiques d’envergure ont été paraphés par les dirigeants des deux nations dans des domaines aussi variés que l’industrie, l’aviation civile, la justice et la coopération économique et technique.

Cela faisait plus de dix années maintenant que des accords commerciaux de cette envergure n’avaient pas ératifiés entre les deux pays. Lors d’un point presse effectué simultanément par les deux chefs d’état, Macky Sall a qualifié la Chine comme étant «une des grandes économies de l’ère moderne, un peuple dont le parcours est un message d’espoir, qui démontre que le sous-développement n’est pas une fatalité et que la bataille pour le progrès se gagne d’abord par un esprit combatif».

Macky Sall et Xi Jinping

La Chine, partenaire n°2 du Sénégal

Avec une croissance économique qui dépassait la barre des 7% en 2017, le Sénégal est l’un des pôles économiques les plus importants d’Afrique. Il faut dire que le travail entrepris en 2014 a porté ses fruits car après des décennies de croissance atone, la bonne santé économique du pays est bel et bien palpable. Le pays peut d’ailleurs se vanter d’être sur la deuxième place du podium des économies de l’Afrique de l’ouest francophone.

Dans ce contexte, les relations avec la Chine sont on ne peut plus cruciales. A ce jour, la superpuissance asiatique est le partenaire commercial numéro 2 du Sénégal, juste derrière la France. En 2016, le volume total des échanges s’est élevé à deux milliards de dollars en incluant nombre de projets de mise sur pied d’infrastructures, permettant au Sénégal de moderniser tout son appareil économique.

Côté exportations, le Sénégal a expédié pour près de 120 millions d’euros de marchandises vers la Chine en 2017, principalement des minerais tels que le zircon et le titane. Très consommée en Chine, l’arachide produite au Sénégal a pesé pour près de 70 millions d’euros dans les ventes totales du pays africain l’an passé contre 35 millions d’euros en 2016.

Autre signe de l’excellent niveau des relations bilatérales : la Chine est le deuxième fournisseur du Sénégal, là encore juste après la France. Les importations de Chine sont ainsi passées de 350 millions d’euros en 2013 à 560 millions d’euros en 2017. Un tel bond du niveau des importations est à rapprocher du fait que les deux nations intensifient leur collaboration en matière de construction d’infrastructures. Car depuis quelques années, les entreprises chinoises en charge de réaliser les grands chantiers d’État du Sénégal sont de plus en plus nombreuses. Des stades, des routes, des autoroutes, des hôpitaux ont notamment été construites par la Chine dans le pays.

La Côte d’Ivoire signe de nombreux accords économiques avec le Qatar

La Côte d’Ivoire poursuit tambour battant son développement économique. Soutenu par une croissance élevée, le pays n’en finit plus de conclure d’importants accords économiques avec les plus grandes nations. En septembre dernier, le président ivoirien Alassane Ouatoura a effectué une visite officielle au Qatar. Il en est revenu avec des contrats d’envergure sous les bras.

La Côté d’Ivoire se développe avec le Qatar

Une visite aussi brève qu’efficace. Voilà comment il est possible de résumer en quelques mots le déplacement officiel effectué par le président ivoirien Alassane Ouatoura au Qatar. Le président de ce pays phare d’Afrique de l’Ouest s’y est rendu sur invitation de l’émir du Qatar, Tamim Al-Thani, accompagné d’une délégation de membres du gouvernement et d’hommes d’affaires. Des discussions ont été entreprises et des négociations ont abouti auprès d’acteurs de premier rang du secteur privé qatari mais aussi auprès des ministres des finances, de l’Énergie et de l’industrie ainsi qu’avec le président du Fonds qatari pour le développement.

Le président ivoirien Alassane Ouatoura et son Altesse Cheikh Tamim Al-Thani

A la clé, non moins de six accords d’envergure ont été signés. Six accords de coopération bilatérale portant sur le transport maritime, les activités touristiques et commerciales, l’enseignement supérieur et la recherche scientifique ainsi que la promotion et la protection réciproque des investissements de même que la protection de la main-d’œuvre ivoirienne au Qatar.

En parallèle, d’autres accords commerciaux ont été conclus, notamment ceux portant sur le financement de nombreux projets d’infrastructures tel que celui prévoyant la construction d’un réseau autoroutier à proximité d’Abidjan.

De tels accords sont de nature à soutenir le développement économique et industriel de la Côte d’Ivoire en offrant au pays la possibilité de se diversifier. Car pour l’heure, la Côte d’Ivoire est encore trop dépendante de quelques activités liées à la production, au traitement et l’exportation de ses matières premières telles que le café, le coton, la noix de cajou et le cacao – le pays est le 1er producteur mondial.

L’enjeu est donc de taille pour ce pays phare d’Afrique de l’Ouest. Il s’agit de se désenclaver du continent africain pour s’ouvrir vers d’autres marchés.

Une future locomotive africaine ?

Après avoir conclu une série d’accords commerciaux avec la Chine, la Côte d’Ivoire se donne toutes les chances de poursuivre sa belle percée économique avec ce partenariat à multiples facettes avec le Qatar. Il faut dire que le pays africain jouissait en 2017 d’une très belle croissance, de l’ordre de 7%. Et les prévisions pour la période 2018-2020 sont encore plus encourageantes, puisque la Banque mondiale table sur une croissance d’au moins 8%.

Avec de tels indicateurs au beau fixe, la Côte d’Ivoire s’est hissée dans le top 5 mondial des pays à plus forte croissance tout en maîtrisant son inflation – aux alentours de 1%- et en bénéficiant en prime d’une balance commerciale excédentaire.

Cette excellente santé économique est à attribuer aux nombreuses réformes structurelles entreprises par les précédents gouvernements. L’un des aspects les plus représentatifs est à n’en point douter le fait que le taux de pauvreté est passé de près de 50% à moins de 40% actuellement.

Nous n’en sommes qu’au début de l’embellie, la Banque mondiale ayant récemment estimé que si la Côte d’Ivoire continuait sur cette voie en maintenant son rythme de croissance annuelle, le pays rejoindrait le groupe des économies intermédiaires d’ici 2035 seulement.

Côte d’Ivoire : le doublement de la production de gaz naturel stimule l’économie

Grâce à ses énormes réserves en gaz naturel, la Côte d’Ivoire entre dans une nouvelle phase de son développement. Une énergie abondante et disponible qui lui permet d’alimenter de nombreux pans de son économie et d’engranger des recettes à la revente.

Une production gazière multipliée par deux en un an

Nombreux sont les pays qui rêvent de tendre vers une indépendance énergétique et la Côte d’Ivoire est en passe d’y parvenir. Car en l’espace d’une année à peine, la production gazière a doublé. Le ministre du pétrole, de l’énergie et du développement des énergies renouvelables Thierry Tanoh a récemment fait savoir que les quantités extraites de gaz onshore et offshore sont passées de 100 millions de pieds cubes par jour à 216 millions entre 2016 et 2017.

Pour parvenir à un tel niveau de production, le pays s’est adjoint les services de plusieurs compagnies énergétiques, venant soutenir le travail effectué par Foxtrot, l’opérateur national. Le groupe britannique Vitol de même que le Canadien Canadian Natural Ressources et le Français Total se sont vus attribuer plusieurs blocs de production, notamment en pleine mer. Le ministre expliquant « Nous avons commencé à intensifier la recherche et l’exploration en offshore profond sur plus de 3000 mètres, pour accroître la production de gaz et de pétrole. En 2017, nous avons attribué 14 blocs d’exploitation à des opérateurs majeurs ».

Une énergie stratégique pour le développement du pays

Le gaz naturel est une ressource précieuse pour la Côte d’Ivoire, très précieuse même. Une énergie primaire qui lui permet d’alimenter ses trois principales centrales thermiques du pays, soit des centrales générant de l’électricité grâce au gaz.

Le gaz est ainsi destiné en premier lieu à la production d’électricité, afin de répondre aux besoins croissants pour ne pas dire exponentiels des ménages ivoiriens et des entreprises locales et multinationales. L’électrification de l’Afrique et donc de la Côte d’Ivoire est, on le sait, un enjeu critique d’avenir.

Une énergie bon marché, abondante et disponible à chaque instant est un levier majeur de développement économique, un atout de taille. Tous les pays producteurs de gaz le savent bien, encore plus dans un contexte global de transition énergétique dans lequel le charbon et le pétrole ne sont plus en odeur de sainteté. Le gaz représente en effet une alternative plus que tangible et performante à l’usage du charbon et du pétrole, hautement polluants.

Un plan de développement de la production de gaz naturel a été initié dans le pays, sur le long terme vu les quantités restant encore à extraire. Autant dire que la Côte d’Ivoire a encore de très belles cartes à abattre.

En parallèle, le surplus de production va permettre de générer des recettes à la revente. Pour l’heure, le pays africain consomme 85% de sa production au sein des centrales thermiques, les 15 % restant étant vendus aux pays voisins.

Et afin d’avoir toujours un coup d’avance, le gouvernement a confié à un consortium d’entreprises, conduit par le groupe français Total, la mise sur pied d’un terminal flottant de regazéification de gaz naturel liquéfié d’une capacité de 100 millions de pieds cubes par jour afin de soutenir la production offshore. Un investissement de 200 millions de dollars qui sera rapidement amorti.

La Chine va injecter 60 milliards de dollars supplémentaires pour le développement économique de l’Afrique

Courant octobre, le président chinois Xi Jinping a promis que le pays allait investir 60 milliards de dollars supplémentaires pour soutenir le développement des pays africains. Lorsque certains y voient une forme de néo-colonialisme, d’autres saluent le rôle d’un partenaire majeur.

Des fonds qui font polémiques

La Chine veut compter et peser dans le développement économique des pays africains. Sa présence remonte à plusieurs années en arrière déjà et elle ne fait que s’amplifier. Le récent sommet Chine-Afrique qui s’est tenu dernièrement à Pékin illustre parfaitement la volonté du géant asiatique de faire de l’Afrique le continent de demain. Mais aussi d’en faire un marché stratégique, une plateforme géopolitique même selon ses détracteurs.

Le président chinois Xi Jiping a ainsi fait savoir en ouverture du sommet que le pays allait injecter en tout et pour tout plus de 60 milliards de dollars supplémentaires pour soutenir le développement économique des nations africaines. Une enveloppe comprenant 15 milliards « d’aide gratuite et de prêts sans intérêts ». Une déclaration faite en réponse aux accusations prononcées à l’encontre de la Chine d’imposer à ses partenaires africains des taux d’intérêts exorbitants, provocant un endettement majeur.

Le président chinois Xi Jiping

Xi Jinping a surtout tenu à désamorcer la polémique au sujet de l’aide de la Chine à l’Afrique et aux autres pays en développement. L’homme a ainsi assuré que la Chine « annulerait » une partie des dettes des pays africains arrivant à un stade supérieur de maturité économique de même que celle des pays les moins développés.

L’enveloppe de 60 milliards de dollars est notamment répartie en lignes de crédit de 20 milliards de dollars tandis que deux fonds consacrés à la finance du développement ainsi qu’au financement des importations de biens africains sont alimentés à hauteur de 15 milliards de dollars cumulés. En parallèle, les entreprises privées chinoises investiront non moins de 10 milliards de dollars dans plusieurs pays d’Afrique au cours des trois prochaines années dont la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou encore l’Afrique du Sud et le Kenya.

Une présence qui inquiète le FMI

La Chine a déjà investi une première enveloppe de 60 milliards de dollars en 2015 en Afrique. Le processus ayant été lancé suite au précédent sommet Chine-Afrique qui s’était alors tenu à Johannesburg. 60 milliards de dollars investis en aides et prêts pour la mise sur pied d’infrastructures stratégiques telles que des routes, des ponts, des hôpitaux, des écoles, des ports et autres parcs industriels.

Sauf que de tels investissements, pourtant salués par les pays africains, ont suscité une vive inquiétude de la part de certains observateurs internationaux. Les experts du FMI ont en effet tiré la sonnette d’alarme au sujet notamment du cas de Djibouti. La dette publique extérieure du pays de la Corne de l’Afrique a bondi de 50 % à 85 % du PIB en deux années seulement. Et ce en raison de dettes dues à l’Exim Bank, une institution étatique chinoise.

En tout et pour tout, la Chine a prêté pour plus de 125 milliards de dollars aux pays africains au cours de la période 2000-2016.